Cinégazette N°1

 

Voici une nouveauté……une cinégazette. Pour le plaisir de vous parler des films que j’aime. Il faut dire aussi que vos réactions nombreuses et chaleureuses reçues après la parution de mon « billet d’humeur » sur le film « BOBBY » (festival de Deauville 2006) m’ont donné envie de recommencer.

La première « cinégazette » est consacrée au festival du film américain de Deauville 2007. J’y ai vu une dizaine de films, mes commentaires porteront sur ceux que j’ai aimés beaucoup, passionnément, à la folie ! Vous trouverez de temps à autre une cinégazette sur www.invitheatre.fr. Et peut être bientôt……un site à part entière !

 

Bonne lecture.

 

Bien à vous

Nathalie Frei

 

Grace is gone

Ecrit et réalisé par James C. STROUSE

 

Lorsque ce film va sortir, ne le ratez sous aucun prétexte, c’est un bijou d’intelligence et d’humanité. Lorsque je l’ai vu, je ne savais pas qu’il avait été récompensé au festival de Sundance (« prix du public »), il a été depuis également récompensé au festival de Deauville (« prix de la critique internationale »).

Ce film raconte l’histoire très simple d’ un père de famille, américain moyen avec ses deux enfants et sa femme, soldat en Irak. Mais ce n’est pas un film sur la guerre d’Irak, c’est tout à fait autre chose. C’est magistralement interprété par le grand, l’immense John CUSACK (« Ombres et brouillards », « Minuit dans le jardin du bien et du mal », « Dans la peau de John MALKOVICH », « La ligne rouge », « Stand by me », etc…etc…). La totalité de la distribution est impeccable, le jeune réalisateur (31 ans) James C. STROUSE a fait ici un film (son premier) d’une grande délicatesse et en même temps d’une incroyable puissance. Il n’y a aucun effets spéciaux ou rebondissement spectaculaire, mais croyez moi, on ne quitte pas l’image des yeux et l’on est pris et emporté jusqu’à la fin de cette belle histoire.

Que dire en conclusion, et bien…par exemple…vous reprendrez bien un peu d’humanité !

 

P.S. : à la conférence de presse (savoureuse) James C. STROUSE a expliqué comment John CUSACK était passé du statut d’acteur principal à celui d’acteur principal producteur…histoire de soutenir un beau projet. Evidemment, on le savait, John CUSACK est un Monsieur !

 

 

Ira and Aby

Ecrit par Jennifer WESTFELDT et réalisé par Robert CARY

 

Voici une très joyeuse et burlesque récréation, ce film est drôle et charmant. ABY (jouée par Jennifer WESTFELDT) est une sorte d’Amélie Poulain newyorkaise et « déjantée », folle et délicieuse (je l’ai rencontrée à Deauville  elle est aussi délicieuse dans la vie, je le lui ai dit). IRA (Chris MESSINA) m’a fait penser à Woody ALLEN, en plutôt beau garçon (désolé Woody). Ce film raconte le choc de deux caractères que tout oppose et que tout réunit, deux caractères différents, deux familles aussi éloignées que possible dans leur style de vie et leur comportement, c’est une histoire d’amour qui elle-même est le support de toutes les situations folles et cocasses de ce film. Il y a peut être un peu trop de revirements et coups de théâtre mais ça n’est pas grave car les acteurs (excellents) nous servent une grande collection de scènes aussi savoureuses les unes que les autres, et, cet humour si typiquement newyorkais est parfois très proche de nous. Bref, un vrai moment de plaisir.

P.S. vous aurez remarqué que l’actrice principale est également la scénariste !

 

 

« BRANDO »

Documentaire sur Marlon BRANDO de Leslie GREIF et Mimi FREEDMAN

ATTENTION CULTE !

 

Voilà un deuxième énorme coup de cœur, ce documentaire de 2h40 (on a l’impression qu’il dure 1h30 !) est Fou ! Fou ! Fou ! Vous aimez BRANDO, allez-y. Vous n’aimez pas beaucoup BRANDO, allez-y. Vous pensiez le connaître, allez-y. Vous allez avoir ici un grand nombre d’informations inédites et passionnantes sur l’homme, son art, sur tout ce qui fait qu’il est considéré comme un génie par la plupart des acteurs de sa génération et des suivantes ! Il y a une longue liste d’acteurs, d’actrices et de réalisateurs, qui témoignent ici de leur admiration profonde et intacte. Il semblerait bien que cet homme ait changé, de façon considérable, la manière d’envisager la pratique du métier d’acteur. De plus, il est toujours très touchant de voir de très grands artistes parler de cette façon de l’un des leurs.

Vous verrez aussi des témoignages plus personnels, des interviews de BRANDO, des reportages et documents relatant ses engagements politiques (là aussi, il est très en avance). Ce documentaire est un monument, on est ici très éloigné des articles « people » écrits par les journalistes spécialisés dans les poubelles des stars ! On est ici au cœur de la légende de Marlon BRANDO, et cette légende nous raconte un acteur magistral, peut être le plus grand et un homme sûrement imparfait comme beaucoup d’hommes mais absolument hors du commun dans le véritable sens de ce terme.

Alors, bien sûr, courrez voir « BRANDO ».

 

 

The Heartbreak Kid

Réalisé par Peter et Bobby FARELLY

 

Dans un festival de cinéma, une projection de presse à 8h30 du matin est un très bon test. Il est tôt et la plupart des personnes qui sont dans la salle ont vu beaucoup de films (c’est un peu leur métier) et se sont probablement couchées tard ! Hé bien, Heartbreak Kid a vraiment été une excellente surprise. Les bonnes comédies ne sont pas si fréquentes, celle-ci est parfaitement réussie. 1h30 de drôlerie avec un film qui garde le cap du tout public (à partir de 13-14 ans car il y a des scènes de sexe très drôle mais des scènes de sexe quand même) (là, c’est la mère qui parle). L’histoire est assez simple, un garçon sympathique……mais plutôt malchanceux, se marie, et sa vie bascule ! C’est vraiment hilarant, léger, pas de temps mort, la salle riait souvent et fort ! Ben STILLER est un formidable comédien, une vraie nature comique et l’écriture du film est musclée et dynamique. Bref, un bain de bonne humeur, une comédie de qualité…pourquoi se priver !

 

 

Factory Girl

Réalisé par Georges HICKENLOOPER

 

Les années 60 comme si vous y étiez, la période du « tout est possible » avec ses espoirs, sa folie, sa créativité mais aussi ses errances et ses excès (sexe, drogue et rock’n’roll) ; ce n’est donc pas un film sur les années 60 idylliques, mais plutôt une peinture d’époque avec comme axe principal la relation passionnelle et destructrice entre Andy WHAROL et Edie SEDGWICK qui était son égérie, son mécène et sans qui certainement il n’aurait pu aller aussi loin. C’est un film attachant, curieux et plutôt élégant - pas racoleur (ça aurait pu !).  Sienna MILLER et Guy PEARCE qui jouent respectivement Edie SEDGWICK et Andy WHAROL sont impressionnants de justesse. Au final……il n’était pas très sympathique Andy WHAROL. Mais c’est certainement le plus grand « public relation » de tous les temps ! A voir donc.

 

 

1408

(Chambre 1408)

Adaptation d’une nouvelle de Stephen KING

Réalisé par Mikael Håfström

 

Auteur réputé de romans d’épouvantes, Mike ENSLIN (John CUSACK, chouette !!!) n’a jamais cru aux fantômes, mais pour les besoins de son prochain ouvrage il va décider de passer une nuit dans la chambre 1408 du Dolphin Hotel, chambre de sinistre réputation. Le directeur de l’hôtel (Samuel L. JACKSON) aura pourtant tout fait pour l’en dissuader !

Si vous aimez avoir peur, vous serez servi. Ici, ni sang, ni tronçonneuse barbare, ni Alien ou quoi que ce soit de ce genre, juste un scénario impeccable… Pas sûr que vous alliez à l’hôtel (pendant quelques temps) après avoir vu ce film et bien sûr…il y a John CUSACK.

Allez, bonne ADRENALINE !

 

Billet d’humeur

 

J’ai lu récemment un article écrit par un critique de cinéma (connu), où, il était question d’un très beau film projeté au dernier festival de Deauville. Ce journaliste disait des choses plus ou moins agréables sur le film ; au final il en disait plutôt du bien, mais en parlant de l’un des comédiens, il disait que ce dernier jouait « comme une savate ». Le comédien en question est jeune, très beau et assez célèbre, (voici peut être des raisons pour le démolir) et franchement, je l’ai trouvé plutôt épatant dans ce rôle qui est pour lui un emploi différent de ce qu’il a fait jusqu’à présent. Alors je me suis dit que cette façon arrogante, méprisante et grossière de parler d’un acteur était quelque chose qu’on n’était pas obligé de supporter. N’est-on  pas censé aimer le cinéma et les acteurs lorsqu’on est critique, est-ce qu’il n’y a pas des façons plus nuancées et plus respectueuses de parler du travail d’un artiste ?! Je laisse cela à votre réflexion. Pour ma part, je n’écrirai pas pour démolir, si je n’aime pas, je n’écris pas. Je n’ai peut-être pas le talent de ce journaliste (qui écrit très bien, il est vrai) mais je lui laisse son venin. J’aime le cinéma, j’aime les acteurs et je ne prendrai jamais aucun plaisir à démolir d’un trait de plume le travail d’un créateur, aussi loin de moi soit-il.

 

                Cinégazettement votre                        Nathalie FREI